25 mai 1922

          Deux mille spectateurs environ s’étaient dérangés pour assister hier, au Stade Bergeyre, à la rencontre Red Star – S. C. Bel Abbésien. Les champions de France qui étaient privés du concours de Nicolas et de Gamblin, furent battus régulièrement par 2 buts à 1. Ce fut un match vraiment intéressant et qui méritait certes, un public plus nombreux. Surprise agréable, il soufflait sur les hauteurs de Bergeyre, une brise légère qui ne fut d’ailleurs pas sans influence sur la physionomie de la partie.

            Le Red Star n’a certes pas joué dans sa forme habituelle. L’absence de Nicolas et de Gamblin se fit sentir en attaque et en défense. En outre, l’ardeur des champions de France ne fut pas toujours très vive. Mais, ces réserves faites, il faut reconnaître que l’équipe de Sidi-Bel-Abbès a pratiqué un football de grande classe. Elle est composée d’unités courageuses ; dans l’attaque, il y a des joueurs perçants et décidés ; la cohésion des divers éléments y est bonne ; les offensives sont poursuivies avec netteté et clarté. Les demis sont de bonne classe. Quant à la défense, c’est la moins bonne division de l’équipe.

            Les meilleurs joueurs nous ont semblé être l’avant-centre Walter Schmitt, un bel athlète, rapide et perçant. Liminana et Munos à qui l’on ne peut guère reprocher qu’un manque de shot. Le demi-centre Eradès et le demi gauche Rodriguez, tiennent leur place en attaque et en défense. Enfin l’extrême-gauche Pozzo eut l’honneur de réussir les deux buts marqués par son équipe.

            Au Red Star, défense assez incertaine, en demis Bonnardel et Marion furent moins brillants qu’à l’ordinaire ; Thédié fut le meilleur de la ligne. Dans la ligne d’avants, Cordon et Joyaut se distinguèrent surtout. Naudin se fit remarquer par ses shots, contrairement à son habitude. Sentubéry et Quentier furent moyens.

            La première mi-temps vit le Red Star dominer la plupart du temps, bénéficiant d’ailleurs du vent. Il marqua au bout de vingt minutes de jeu environ, sur un shot incertain de Sentubéry qui fit rebondir la balle devant les buts africains : le gardien Turin, jugea mal et laissa rentrer.

            Sidi bel Abbès égalisa quelques minutes avant la mi-temps sur une belle ouverture de son demi-centre à l’ailier gauche Pozzo qui descendit et shoota de l’aile ; la balle passa au-dessus de Chayriguès et rentra. A la mi-temps, le score était de 1 à 1.

            A la reprise, Sidi bel Abbès profite de son tour du vent et domine une grande partie de la mi-temps. Dix minutes après le début, Pozzo réussit un second but de l’aile. Le Red Star fut ensuite assez pressant, mais ne put arriver à égaliser. Vers la fin de la partie, Sidi bel Abbès eut encore descentes dangereuses dont quelques-unes ne manquèrent le but que de peu.

            M. Fourgous arbitra cette rencontre de la façon satisfaisante.

            Signalons enfin que l’équipe africaine est composée de joueurs au nom étranger, pour la plupart, mais qui sont tous de nationalité française, sauf l’avant-centre Walter Schmitt, de la Légion étrangère. – Maurice Pefferkorn.

                                                                                                                                         L’Écho des sports du 26 mai 1922, page 1